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Communiqué du Président-Fondateur de la Biennale Internationale de Casablanca

Casablanca, le 1er novembre 2018

 

 

La Biennale Internationale de Casablanca 2018 a ouvert ses portes le 27 octobre dernier. En plaçant cette 4ème édition sous la direction artistique de l’historienne de l’art et commissaire d’expositions Christine Eyene, l’intention de la biennale était de franchir une nouvelle étape. Bénéficiant du haut patronage de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI et, pour la première fois, d’un engagement de la ville, représentée par Casa Events – l’entité en charge de la promotion et du soutien des événements se déroulant à Casablanca – la biennale se trouvait alors dans un environnement favorable pour atteindre son objectif. En conséquence de quoi, je me suis engagé par le biais de la Fondation Maroc Premium (organisatrice de la biennale) à prendre en charge les transports, hébergements et per diem des artistes sélectionnés, ainsi que la production des œuvres à réaliser pour la biennale si nécessaire.

 

En novembre dernier, pendant la phase préparatoire de la biennale, Christine Eyene avait proposé de mettre en place un système de centralisation des dossiers de candidatures des artistes. Le secrétariat général de la biennale reconnaît des disfonctionnements techniques et administratifs à ce niveau. Ceci, même après que la directrice artistique l’ait signalé à maintes reprises et qu’elle ait exigé que tous les artistes ayant postulé pour la biennale soient contactés par l’administration.

 

La directrice artistique avait insisté sur une éthique de travail et des procédures précises qui, je le reconnais et m’en excuse auprès d’elle et de tous les artistes concernés, n’ont pas été appliquées par le secrétariat général. Après la sélection finale des artistes fin juin 2018, et dans un souci de transparence, la directrice artistique avait pris soin de contacter tous les artistes en clarifiant le statut de la biennale comme projet culturel indépendant en grande partie auto-financé, en indiquant ce sur quoi cette dernière pouvait s’engager et quelles en étaient les limites. Parallèlement, elle avait proposé au secrétariat deux projets de convention permettant de clarifier les termes de la collaboration entre la biennale et les artistes, d’une part, et la biennale et les lieux d’exposition, d’autre part. Encore une fois, le secrétariat a failli à sa tâche en négligeant d’établir et signer ces conventions alors que cela lui a été demandé tout au long du développement du projet.

 

Le secrétariat reconnaît aussi ne pas avoir mis en place un soutien administratif compétent nécessaire au suivi des artistes, point sur lequel la directrice artistique a sonné l’alarme plusieurs fois. Il s’est aussi avéré que, dans de nombreux cas, le suivi que le secrétariat déclarait assurer ne l’était que bien trop tardivement. Ceci a eu pour résultat un manque de communication entre la biennale et les artistes, amplifié par les conséquences du silence puis du retrait, à 3 semaines de la biennale, de Casa Events. Ce retrait s’est soldé non seulement par un désengagement financier, mais aussi par une remise en question de l’attribution des espaces aux artistes (annulation des lieux publics tels que la gare, le boulevard Houphouët-Boigny, Bab Marrakech…). Cela a obligé la directrice artistique à revoir l’ensemble des expositions.

 

Le manque de transparence et de communication a aussi eu pour effet de placer l’équipe curatoriale dans le flou à bien des égards. Rendant plus compliqué encore le dialogue avec les artistes, notamment concernant la confirmation des lieux d’exposition et la logistique mise en place pour les résidences, production, montage et conditions d’accueil à Casablanca. S’adapter à ce changement de circonstances a été un véritable obstacle pour le secrétariat général. Je reconnais que certaines confirmations de transport ont été envoyées à une semaine de l’inauguration et que la mise en place des hébergements a fait preuve de nombreuses défaillances. Il fallut en effet un délai pour trouver une solution financière d'urgence afin d’éviter l’annulation de la biennale qui aurait été, il me semble, un plus grand manque de respect vis-à-vis de la directrice artistique, du comité curatorial et des artistes.

 

Le secrétariat général de la Biennale Internationale de Casablanca admet ses manquements et présente ses sincères excuses aux artistes, aux curatrices ainsi qu’à ses partenaires. Ces désagréments ont mis une tache d’ombre sur un projet curatorial de grande qualité qui a contribué à relever le niveau artistique de la biennale à travers ses expositions dans divers espaces de Casablanca, le succès de ses tables rondes à l’Institut Français, et son interaction inégalée avec les étudiants de l’École supérieure des beaux-arts de Casablanca.

La Biennale Internationale de Casablanca tient à tirer des leçons de cette situation et s’engage publiquement à développer un code d’éthique et de bonne pratique, conforme aux normes internationales, plaçant les artistes au cœur de son projet, respectant l’intégrité des œuvres d’art, et s’attachant à observer les consignes et recommandations données par les professionnels de l’art avec qui elle collabore.

 

Mostapha Romli

Président-Fondateur de la Biennale Internationale de Casablanca

© 2018 Biennale Internationale de Casablanca | Tous droits réservés.

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